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La Formation en Algerie est obsoléte

Personnage incontournable du Handball algérien et du sport de notre pays en général, M. Aziz Derouaz, ancien sélectionneur national, avec qui l’Algérie remporté cinq CAN consécutivement dans les années 1980. Avec également trois participations aux Jeux Olympiques et deux au Championnats du monde, Aziz Derouaz compte aussi à son palmarès un titre aux Jeux Méditerranéens en 1987 et un statut de finaliste en 1983.

Son nom ne se limite pas à la scène algérienne et continentale, puisque l’IHF (la Fédération International de Handball), lui décerna la «médaille du mérite», pour «services extraordinaires rendus au Handball», avec la mise en place du système défensif «3-3», aussi connu sous le nom de «défense avancée» ou encore «défense algérienne».

L’ancien Ministre de la Jeunesse des Sports, de 1997 à 2000, revient pour DZfoot.com sur la situation de l’Equipe nationale, depuis sa qualification au Mondial 2010 à la nomination du nouveau sélectionneur, en revenant notamment sur le passage de Nacer Sandjak à la tête des Verts en 2000. Il évoquera également le manque de formation dans nos clubs.

Des éliminatoires en 2008/2009, avec une équipe en pleine maturité… On n’a plus retrouvé cet état d’esprit, qui a fait sa force durant les matches de poules, comment expliquez-vous cela?
Le sport de haut niveau est conditionné par l’influence déterminante de paramètres psychologiques. Une équipe de sport collectif notamment, composée des mêmes joueurs, peut présenter des visages complètement différents, d’une saison à une autre, et même, parfois, dans des délais plus rapprochés.

Vous parlez d’ailleurs, à juste titre, d’«état d’esprit».
Je pense, personnellement, qu’on a pas assez pris en compte l’extrême dimension de l’intensité émotionnelle vécue à deux reprises par le groupe, c’est à dire à Oum Dorman, à l’issue du match barrage contre l’Egypte, ceci suivi par les effets de l’extraordinaire accueil réservé à l’Equipe par le peuple et les plus hautes autorités du pays.
La gestion des évènements sportifs qui ont suivi devait prendre en compte cela, et je pense, au risque de me tromper, que cela n’a pas été le cas.

Si changement d’entraîneur il devait y avoir, quel était le moment opportun pour le faire ?
Je pense que cela aurait dù avoir lieu immédiatement après la qualification, et ceci au regard de ma réponse précédente. Cela supposait, bien entendu, de rendre l’hommage qu’il fallait et qui était mérité, à Rabah Saadane, dont je pense qu’il aurait ainsi été protégé des éventuelles retombées négatives des évènements futurs. Ceci était d’autant plus important, que le calendrier de l’EN, établi et connu, empêchait totalement un futur changement après la Coupe du Monde, à cause de la proximité des éliminatoires de la coupe d’Afrique suivante. Dès lors, les engagements respectifs entre la Fédération et l’entraineur national, quel qu’il soit, devaient être pensés et rédigés en fonction de cela. C’est à dire, avoir un entraîneur qui fasse la Coupe du Monde et les éliminatoires de la Coupe d’Afrique, sans possibilité d’être fragilisé par l’une ou l’autre des compétitions qui étaient au programme, comme la Coupe d’Afrique 2010 et la Coupe du Monde. Or, les évènements se sont enchaînés, avec leur lot de satisfactions et déceptions, dont on ne retient que les dernières, ce qui conduit toujours inévitablement à des remises en question, et influe sur les relations entre l’ensemble des parties, déjà éprouvées et usées, et souvent trop vulnérables aux coups de boutoir des médias.

Aujourd’hui, un entraîneur étranger à été nommé à la tête de l’EN, Vahid Halilodzic…
Le dernier entraîneur éranger était Jean-Michel Cavali, ou avant lui, des noms bien plus renommés comme les Belges Georges Leekens et Robert Waseige (mondialiste et participation à l’EURO), aucun des trois n’a donné satisfaction, est cela étant dû à un problème d’adaptation au football algérien. Est-ce que l’on laisse les sélectionneurs travailler ou «on» décide à leur place ? La nomination d’un entraîneur étranger est une excellente chose, à mon avis, dans le contexte particulier dans lequel évolue notre équipe nationale, marqué par trop de passion, et de positions extrêmes. Lorsque je dis trop de passion, je parle même d’excès, et si tout un chacun a le droit de commenter ce qui intéresse l’EN de Football, qui appartient à tous, avec une attention particulière à ce que pensent les «spécialistes», il ne faut pas oublier qu’il y a des gens dont c’est la mission et responsabilité, et que le moment où ils doivent rendre des comptes n’est pas arrivé. Alors, l’avantage de l’entraîneur étranger, c’est qu’il apporte une certaine neutralité, dans un débat trop subjectif lorsqu’on aborde le cas des compétences nationales, tellement subjectif que certains ne sont même pas évoqués dans ces débats, alors qu’ils ont déjà apporté la preuve indiscutable, sur le terrain, de leurs capacités. Concernant, donc, celui qui a été choisi, à savoir Vahid Halilhodzic, il n’a absolument rien à prouver dans le haut niveau, au contraire, et je m’étonne d’ailleurs de cette liberté de ton prise dans certains commentaires, qui ont introduit des doutes sur ce qu’il a prouvé, son palmarès, pourtant étoffé, «se limitant» à des succès de clubs. Je pense que ceux qui ont parlé ainsi ne savent pas ce qu’est le «Haut niveau». C’est la même inconscience qui fabrique une opinion publique rendue convaincue qu’il y a seulement 3 ou 4 personnes politiques «Présidentiables». S’il ne devait y avoir que ceux qui ont déjà gagné une compétition avec une Equipe nationale, qui soient jugés «Pointures», la source serait tarie depuis longtemps. Soyons sérieux: Halilodzic a fait ses preuves en plusieurs occasions, et ce qui est le plus intéressant, peut-être dans son profil, c’est, à mon avis, qu’il a su et pu transformer des équipes en situation de crise. Pour l’aspect de votre question relatif aux autres expériences récentes avec des entraîneurs étrangers et soldées par des échecs, et si je pense personnellement, qu’il peut effectivement y avoir eu un problème d’adaptation, ça n’est pas pour autant au Football algérien, mais plutôt du fait que ces profils n’étaient peut-être pas prêts pour entraîner dans des conditions plus «difficiles» que celles qu’ils ont connu chez eux, mais sans vouloir toucher à l’amour propre des intéressés, les performances déjà réalisées par Halilhodzic sont largement plus convaincantes que ce que contient leur palmarès. Et pour revenir à l’adaptation des étrangers au Football algérien, je vous renvoie à ce qu’ont réalisé Leduc, Makri, Snella, Rogov, dans notre pays, et pourtant, avec des moyens bien plus réduits, et quand bien même ils n’ont pas eu de palmarès, leur empreinte est restée forte par l’impact sur la formation.

Si le choix d’un technicien local doit être fait, qui serait votre favori pour ce poste ?
Le choix a été fait pour un entraîneur étranger, et je me suis exprimé là dessus: je m’en réjouis. Aussi, et si la chose était à refaire, et le choix stratégique porté sur un entraîneur algérien, mon avis éventuel serait fonction de beaucoup de paramètres. Car la compétence pour cette fonction, n’est ni la résultante de diplômes, ni de compétitions déjà jouées et gagnées, ni de palmarès etc… mais d’un ensemble de critères et caractéristiques, qui répondent, aussi, à des données du moment entourant l’Equipe nationale, son environnement et ses objectifs. Il est donc inutile de répondre à cette question par un ou des noms, étant entendu qu’il faut de toute façon rendre un hommage particulier à Rabah Saadane pour ce qu’il a accompli jusque-là.

Vous étiez Ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS) en 2000, l’EN avait comme sélectionneur Nasser Sandjak, un mot sur son passage et la CAN 2000.
Non seulement j’étais Ministre lorsqu’il était sélectionneur national, mais c’est surtout moi qui l’ai choisi pour cette fonction, à ce moment là et je l’assume entièrement, en rappelant les conditions particulières de l’époque, qui faisaient que vu la situation exceptionnelle de la Fédération, c’est le MJS qui devait s’impliquer à 100% dans cette désignation et toute la prise en charge. Il faut préciser que Nasser Sandjak et ses adjoints, le défunt Saïd Hamimi et Abdelghani Djadaoui, ont quasiment fait du bénévolat, puisque le montant pour lequel ils ont accepté de prendre en charge l’EN était dérisoire et couvrait à peine les frais qu’ils allaient engager dans la période notamment en indisponibilité par rapport à leurs obligations.
Il faut aussi rappeler que la mission pour laquelle ils se sont engagés était d’une durée de trois mois environ soit jusqu’à la fin de la CAN 2000. En fait, le choix que j’avais proposé était soit le défi de l’EN, ce qu’il a choisi, sur trois mois pour la CAN, soit une mission de longue durée à la tête d’une équipe «Espoirs». Aujourd’hui, et pour faire court, je dois dire deux choses: Premièrement, Sandjak et son équipe ont été à la hauteur de la mission confiée et des engagements pris, avant et pendant la CAN, et j’ai la conviction d’avoir fait le bon choix. Deuxièmement, l’intégration d’un entraîneur algérien de l’émigration a permis l’enrichissement de notre potentiel de cadres de haut niveau, et immédiatement utile au Football national, puisqu’il a conduit la JSK à une consécration continentale. Je dois ajouter, que ce qui m’a interpellé, sans surprise, dans tous les débats qui ont eu cours depuis, sur les noms d’éventuels entraîneurs pour notre EN, plus jamais, celui de Sandjak n’a été évoqué, par quiconque. Je lie ce «bannissement», à la proximité qui s’est créé entre nous. Cela est triste, pour tous ceux qui prétendent être au fait des questions du Football algérien et de ses intérêts.

Depuis quelques années, l’EN est composé à très grande majorité de joueurs nés et formés à l’étranger, cela est «expliqué» par la faiblesse du Championnat, et donc, peu de joueurs locaux ont eus leur chance, est-ce que ce choix du «tout pro» est obligatoire selon vous ?
Je vous corrige, avec votre permission, ça n’est pas tant la faiblesse du Championnat qui est en cause, mais plutôt celle de la formation. En fait, et depuis longtemps, la formation dispensée dans nos clubs, et l’ensemble de la chaîne qui conduit au haut niveau, sont obsolètes. Il est inutile d’en déterminer les responsabilités, cela pouvant être le contenu d’une interview spéciale vu l’importance de la question. Il ne s’agit pas de donner «la chance». L’EN doit être composée des meilleurs, et les plus aptes à atteindre les objectifs assignés. Le reste, se fait dans cette chaîne que j’ai évoquée, où, à partir de potentialités détectées, on «donne la chance», comme vous dîtes.
J’ai donc, effectivement, la conviction, que dans les conditions actuelles de l’organisation, des moyens, et des conditions générales existantes du Football national, le choix de la grande Majorité «Pro» est inévitable.
Il faut attendre 5 à 6 ans, et les premiers produits de la formation initiée par M. Kheireddine Zetchi, dans le cadre de l’Académie du Paradou, pour envisager plusieurs éléments qui répondront aux caractéristiques indispensables au vrai Haut niveau et intégrables en EN, avec des ambitions. Jusque-là, il est possible, pour des exceptions, d’y être intégrées, mais ce sera des exceptions.

La Fédération Française de Football, FFF, principal «fournisseur» de notre EN était dans la tourmente, avec la fameuse histoire des «quotas», sans vouloir se mêler des affaires du Football français, est-ce que cela ne doit pas obliger le football algérien à (re)travailler et former ses propres joueurs ?
Aucune problématique franco-française ne saurait conditionner la nécessité absolue de travailler et mettre en place la chaîne de formation du haut niveau. Il est un devoir pour les autorités sportives nationales de tout mettre en oeuvre, non seulement pour répondre au droit des jeunes Algériens de pratiquer le sport de leur choix, mais aussi d’organiser, par les organes bénéficiaires de la délégation spécialisée dans chaque discipline sportive, les différents niveaux de pratique, de telle sorte que la formation prenne sa place dans la pyramide, et voit arriver à son sommet les meilleurs de ceux qui se sont inscrits dans une logique de compétition, et d’ambition du haut niveau. Il convient, cependant, par honnêteté, de dire que le débat engagé en France est légitime «techniquement» parlant, si on l’expurge de tout relent de racisme, très peu présent dans l’esprit de la majorité des sportifs français. Mais quoiqu’il en soit, les titulaires de la double nationalité, ont leurs droits consacrés dans le cadre de grands principes «politiques», hérités de la douloureuse histoire commune à nos deux pays, et dont le peuple algérien est la grande victime. Et si cette situation a permis, ou aidé, l’équipe de France de gagner la Coupe du Monde 1998, il doit être admis, comme une suite logique, de l’Histoire, que les déscendants des vaillants travailleurs émigrés importés d’Algérie, puissent donner à leurs parents, la fierté dont ils ont besoin par rapport à leur pays, l’Algérie, en les voyant porter ses couleurs.

Djaffar M.
DZfoot.com

Interview Aziz Derouaz : «La formation en Algérie est obsolète» 15/07/2011

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